..Origines
du créole......
Pour comprendre
comment s'est formé le créole, nous devons faire un retour
sur notre histoire.
Les premiers Français, emmenés par
Charles Lyénard de lOlive et Jean Du
Plessis dOssonville, débarquent à la Guadeloupe (à
Sainte-Rose) en juin
1635. Ils y trouvent les Caraïbes.
Dans un premier temps, les colons pratiquent la culture du
tabac. Très vite
ils délaisseront cette culture au profit
de la canne à sucre, plus rentable.
Cette nouvelle culture nécessitera une main
d'oeuvre abondante et robuste
qu'ils feront venir d'Afrique. C'est le système
de l'esclavage.
Le créole vient de la rencontre de ces trois peuples.
Les Caraïbes
Les Caraïbes étaient des amérindiens
originaires du bassin de l'Orénoque,
l'actuel Vénézuela.
Ils émigrèrent vers le Nord, passant dîle en île
(Trinidad, Saint-Vincent etc).
On situe leur arrivée en Guadeloupe aux
environs du VIIIe
siècle. Certains
éléments de leur culture sont
parvenus jusquà nous.
Ainsi en est-il de leur langue.
Le mot caraïbe le plus connu est tout simplement le nom
quils avaient don-
né à notre île : caloucaera (transformé plus tard
en karukéra) qui signifie l'île
aux belles eaux.
De nombreux mots utilisés aujourdhui dans le créole
(awa, balawou, bou-
kan, kannari, kannòt, kouliwou, kwi, mannyòk,
zandoli, ziyanm), le français
(ananas, hamac, iguane, tabac), langlais
(hurricane) trouvent leurs origines
dans la langue Caraïbe.
Dans ce sens, le
dictionnaire caraibe-françois du
Révérend Père Raymond
Breton est une mine dinformations sur la langue mais également sur
les
coutumes de ce peuple.
Les Français
Parmi les Français
qui arrivèrent en Guadeloupe en juin 1635, il y avait entre
autres :
1°. Ceux qui ont payé
leur voyage. Arrivés en Guadeloupe, ils obtiennent une
concession de terre et deviennent ainsi
des colons ou "maîtres de case".
Pour exploiter cette terre, ils feront
venir de France et d’ Afrique une main
d’oeuvre servile.
2°. Les engagés.
Les engagés étaient
des émigrants volontaires qui n’avaient pas les moyens
de payer le voyage. Ils passaient un contrat par
lequel ils s’engageaient à
travailler pendant trente-six mois chez un colon en dédommagement de
leur
voyage. Au terme de leurs contrats, certains obtenaient une
concession et
devenaient à leur tour "maîtres de case".
L’embarquement pour les Antilles se faisait principalement dans les
ports de
Dieppe, La Rochelle, Le Havre, Honfleur
mais aussi Bordeaux, Nantes,
Saint-Malo.
Les candidats au voyage venaient principalement de l’ouest et du
Nord-ouest
de la France ( à l’ouest d’une ligne
Bordeaux-Lille) : provinces du Poitou
(Deux-Sèvres, Vendée, Vienne), de l’Aunis
(une partie des Charentes-
Maritimes et des Deux- Sèvres),
de Saintonge (sud de la Charente-
Maritimes), de l’Anjou (Maine-et-Loire...).
Ils venaient également de
la Bretagne, de la Normandie,
de l’île de
France, etc (1).
Ce sont
en grande majorité des ruraux, mais on trouve également des arti-
sans (charpentiers, menuisiers, forgerons, tuiliers, scieurs de long,
maçons,
tailleurs de pierres, tonneliers, briquetiers etc).
J. Kerboul nous
apprend également ceci : "une institution, la compagnie des
îles de l’Amérique...racole, par centaines,
sur les quais et les ponts de
Paris, chômeurs et vagabonds, qui signent un contrat de
servitude de trois
ans en échange de leur passage gratuit à Saint-Domingue... "
(2).
(1)
Gabriel Debien, Les engagés pour les Antilles (1634-1715), société de
l’histoire des colonies françaises, Paris 1952.
(2) J. Kerboul,
le vaudou, pratiques magiques, Editions P. Belfond.
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