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Le
renouveau du créole
Le créole est aujourd'hui présent à la radio, à la télévision,
à l'école (de
nombreux collèges et lycées dispensent des cours de
Langues et Cultures.
Régionales, option Créole), à l'université. Un Capes Créole a été créé.
Aujourd'hui, le créole est reconnu comme étant une
langue à part entière.
Il est reconnu comme étant l'un des principaux éléments
de la culture gua-
deloupéenne.
Tel n'a pas toujours été le cas. Souvenez-vous. Il n'y
a pas très longtemps,
celui qui parlait le créole était considéré comme un
"vyé nèg" c'est-à-dire
un vagabond, un bon à rien, en somme un infréquentable.
Il y avait une réelle volonté des autorités d'éliminer
le créole pour imposer le
français. Cela s'est manifesté par un véritable lavage
de cerveau tendant à
faire croire que le créole ne mène nulle part, qu'on ne
peut réussir qu'avec
le français.
Le créole était interdit à l'église, à la radio,
dans l'administration.
L'un des principaux instruments utilisés pour cette
politique a été l'école.
Le travail était ainsi réalisé à la base. C'était un
véritable traumatisme qui a
porté ses fruits. Celui qui parlait créole à l'école
était frappé, humilié, puni.
L'enfant arrivait à l'école avec en tête une seule
obsession : ne pas parler
créole, ce qui arrivait puisque le créole est chez lui
un élément naturel.
Dany Bebel-Gisler, dans son ouvrage intitulé La Langue
Créole, force jugu-
lée (Editions L'Harmattan, 1981) nous dit ceci :
"Il n'y a pas si longtemps, on imposait aux élèves
le système de la "plan-
chette", losange de bois où était inscrit : "il
est interdit de parler créole".
On l'accrochait au cou de l'enfant qui avait enfreint le
réglement".
Le français était ainsi martelé comme étant la seule
langue de la réussite,
du progrès et des gens bien, des gens qui savent vivre.
Rien donc d'étonnant à entendre ces enfants, devenus
adultes, dire :
"a t-on déjà vu un examen en créole ?
est-ce avec le créole qu'on trouvera du travail ?
ses enfants ont réussi et il veut que nos enfants
parlent créole."
Le travail de déculturation a si bien réussi qu'on
trouvait de nombreux gua-
deloupéens qui considéraient le créole comme un patois.
Pour eux, parler créole était vulgaire. Ainsi, parler créole
à ses parents
était considéré comme irrespectueux.
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