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La
recherche sur le créole
L'un des éléments ayant concouru à la revalorisation
du créole est le mouve-
ment de recherches qui s'est développé autour de
cette langue.
Il faut dire qu'il s'agit pour les chercheurs d'une véritable
aubaine, dans la
mesure où ils ont l'occasion d'appréhender une langue
peu de temps après
sa naissance (le créole est une langue jeune d'un peu
plus de 3 siècles à
comparer par exemple au français qui a environ 12 siècles
d'âge), de suivre
ses mutations, son évolution.
Les travaux de recherche sur le créole sont très très
nombreux.
Ainsi, dans Bibliographie des études créoles, (IECF,
1991), Marie-Christine
Hazaël-Massieux présente (avec assez souvent un résumé)
plus de 900 pu-
blications traitant du créole.
La recherche sur le créole se développe également au
sein de groupes de
recherches dont les plus connus sont basés soit en
Guadeloupe (le SPEG),
soit en Martinique (le GEREC-F) soit en France (l'IECF).
Enfin, chaque année se déroulent un peu partout des
colloques où cher-
cheurs, enseignants du créole, responsables culturels,
écrivains, défen-
seurs
du créole se rencontrent pour échanger sur le créole.
1°
Les ouvrages.
Le premier livre traitant du créole a été rédigé en
1770 par Magens Jochum
Melchor. Il s'intitule Grammatica Over det Creolske Sprog
(Newberry Librai-
ry). Cet ouvrage concerne le créole parlé dans les
anciennes colonies hol-
landaises (Saint-Thomas, Sainte-Croix). En plus de la
grammaire créole, on
y trouve des proverbes ainsi que des dialogues.
Les premières recherches sur un créole à base lexicale française concer-
nent le créole de Trinidad. Elles ont été publiées en
1869 par un jeune insti-
tuteur Trinidadien, John Jacob THOMAS, dans un ouvrage
intitulé The
theory
and practice of Creole Grammar.
Par la suite, la plupart des créoles ont fait l'objet de
recherches qui ont été
publiées.
Ainsi en 1880, Charles Baissac publiait : Etude sur le
patois créole Mauri-
cien. L'auteur y traite de la grammaire du créole de l'île
Maurice.
On y trouve également des proverbes et des sirandanes (devinettes).
On peut y lire, par exemple, le proverbe suivant : zafféres
moutons napas
zafféres cabris.
Traduction : les affaires des moutons ne sont pas les
affaires des cabris
(ne
vous mêlez pas de ce qui ne vous regarde point).
Plus
proche de nous, en 1936, furent publiés deux ouvrages
ayant des posi-
tions totalement opposées sur le créole Haïtien :
- Philologie créole, études historiques sur la langue créole dHaïti, Jules
Faine, (Port-au-Prince). Jules Faine peut être classé
parmi les linguistes
polygénétistes.
Le point commun de ces chercheurs réside dans le fait quils
minimisent
lapport africain dans la formation
du créole.
Dans la partie consacrée aux origines du créole, il dit
ceci : "Eu égard à
la formation ethnique dHaïti, cest l influence
des langues africaines qui
aurait dû être prépondérante dans la morphologie du créole.
Pourtant, il
nen
est rien".
- Le Créole haïtien, morphologie, syntaxe, Comhaire-Sylvain
Suzanne
(Port-
au-Prince). Dans cet ouvrage, l'auteur réfute la thèse de Jules Faine.
Elle nous dit, en parlant du créole : "nous sommes
en présence dun fran-
çais coulé dans le moule de la syntaxe africaine ou,
comme on classe
généralement les langues daprès leur parenté
syntaxique, dune langue
éwé* à vocabulaire français".
*
éwé = langue parlée au Bénin et au Togo.
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